ouverture atelier national de la communauté minière

RDC : l’Atelier National de la Communauté Minière pose les bases d’un meilleur suivi de l’impact des activités extractives

À l’issue de l’Atelier National de la Communauté Minière organisé à Kinshasa du 31 août au 4 septembre 2026 par la Local Community Prosperity Alliance (LCPA), plusieurs recommandations ont été formulées afin de renforcer la gouvernance, la responsabilité sociétale et l’impact communautaire du secteur extractif congolais. Parmi elles figure la proposition de créer un Baromètre national de la prospérité communautaire, destiné à mesurer plus précisément les retombées réelles de l’exploitation minière sur les populations locales.

La République démocratique du Congo dispose de ressources minières considérables. Pourtant, l’un des principaux défis reste la capacité à transformer cette richesse en amélioration durable et mesurable des conditions de vie des populations, notamment dans les zones directement concernées par l’exploitation.

C’est autour de cette problématique que s’est tenu à Kinshasa, du 31 août au 4 septembre 2026, l’Atelier National de la Communauté Minière, organisé par la Local Community Prosperity Alliance – LCPA Federation.

La Chambre de Commerce et d’Industrie Genève–Kinshasa (CCIGK) a pris part à ces travaux, qui ont réuni des représentants des services publics, du secteur privé, des coopératives minières, des organisations de la société civile, des communautés locales et du monde académique.

Une initiative portée par la LCPA

Les travaux ont notamment été accompagnés par Nadia Balgobin, Directrice exécutive de la LCPA, présente lors de l’événement.

À l’issue des cinq jours d’échanges, elle a présenté plusieurs des recommandations formulées par les participants, parmi lesquelles l’institutionnalisation d’un cadre d’excellence éthique, la participation systématique des communautés locales à l’élaboration des plans de développement communautaire, la standardisation des mécanismes de suivi et d’évaluation ainsi que la création d’un Comité national de suivi et de redevabilité.

Cette approche repose sur un principe essentiel : les investissements et engagements sociaux liés aux activités extractives doivent pouvoir être évalués non seulement en fonction des moyens engagés, mais également en fonction des résultats obtenus pour les populations concernées.

Vers un Baromètre national de la prospérité communautaire

Parmi les principales recommandations issues de l’atelier figure la création d’un Baromètre national de la prospérité communautaire.

L’outil envisagé prendrait la forme d’un tableau de bord reposant sur différents indicateurs économiques, sociaux et environnementaux.

Il pourrait notamment mesurer :

  • l’accès à l’eau et à l’électricité ;
  • l’accès aux soins de santé et à l’éducation ;
  • la création d’emplois et d’activités économiques locales ;
  • les effets environnementaux de l’exploitation ;
  • les résultats des investissements sociaux réalisés par les entreprises ;
  • plus largement, l’évolution des conditions de vie des communautés riveraines.

L’objectif serait ainsi de dépasser une lecture limitée aux montants investis ou au nombre d’infrastructures réalisées, afin de mesurer leur impact effectif et durable.

Les participants ont également recommandé que les communautés locales soient associées à l’identification des besoins, à la définition des priorités et au choix des indicateurs permettant d’évaluer les projets réalisés sur leur territoire.

La CTCPM et le rôle des institutions publiques

Les recommandations de l’atelier accordent également une place importante aux institutions publiques chargées de la supervision et de la planification du secteur minier.

Les principes développés dans le cadre de l’atelier pourraient notamment être intégrés dans les mécanismes de suivi des services publics compétents, parmi lesquels la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière (CTCPM).

Cette articulation entre entreprises, communautés et institutions publiques sera déterminante si le futur baromètre doit devenir un véritable instrument de pilotage et non simplement un outil théorique.

La mise à disposition de données comparables, l’évaluation régulière des projets et la réalisation d’audits sociaux et éthiques pourraient également contribuer à identifier plus clairement les écarts entre les engagements annoncés et les résultats effectivement obtenus.

Financement et structuration des coopératives minières

Les échanges ont également porté sur un autre enjeu essentiel : l’accès au financement des coopératives minières artisanales.

Philippe Bisimwa Bakulikere, Directeur général de la Cellule d’inclusion financière pour les travailleurs artisanaux miniers (CIFTAM), faisait partie des principaux participants de l’atelier.

Les discussions ont notamment mis en évidence l’importance de la structuration, de la conformité juridique, de la gouvernance et de la bancarisation des coopératives minières afin de renforcer leur crédibilité auprès des établissements financiers et des investisseurs.

Dans une logique complémentaire, John Lombela, fondateur et Président-directeur général d’Axalio, a plaidé pour une mobilisation accrue des capitaux disponibles en République démocratique du Congo au bénéfice des coopératives minières et des entrepreneurs locaux.

Ces deux dimensions apparaissent étroitement liées : améliorer la structuration des acteurs économiques tout en développant les mécanismes permettant de mobiliser des capitaux nationaux et internationaux.

Investissement et climat des affaires : la présence de l’ANAPI

L’atelier a également enregistré la présence d’acteurs directement impliqués dans l’accompagnement de l’investissement en République démocratique du Congo.

Un représentant de l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI), exerçant comme chargé d’études sectorielles, a notamment pris part aux travaux.

Pour la CCIGK, cette présence est particulièrement significative. Les problématiques de gouvernance, de transparence et de développement communautaire sont aujourd’hui directement liées à l’attractivité du pays pour les investisseurs.

La capacité à proposer des projets structurés, à sécuriser l’environnement juridique et institutionnel et à mieux documenter les impacts économiques, sociaux et environnementaux constitue un élément important dans la construction d’un climat des affaires crédible.

Les Hydrocarbures également au cœur des discussions

Bien que l’atelier ait accordé une place centrale aux problématiques minières, les enjeux liés aux hydrocarbures ont également été abordés.

Pierre Kateyi, Directeur de cabinet adjoint au ministère des Hydrocarbures, a notamment présenté les travaux engagés autour de la révision de la législation régissant le secteur.

Le ministère souhaite améliorer le cadre juridique afin de renforcer la sécurité des investissements, la gouvernance et l’attractivité du secteur pétrolier et gazier congolais. Il a également invité les institutions, entreprises, organisations professionnelles et experts à contribuer aux réflexions entourant cette réforme.

Cette intervention rappelle que les questions de gouvernance, de transparence et d’impact communautaire dépassent le seul secteur minier et concernent plus largement l’exploitation des ressources naturelles du pays.

Une approche plus large de la compétitivité du secteur extractif

Les conclusions de l’atelier montrent que la compétitivité du secteur extractif congolais ne peut plus être analysée uniquement à travers la quantité ou la valeur des ressources disponibles.

Elle repose également sur plusieurs facteurs :

la qualité de la gouvernance, la transparence, la traçabilité, la conformité des acteurs, la mobilisation des financements, la sécurité juridique et la capacité à démontrer les retombées locales des investissements.

L’institutionnalisation d’un cadre d’excellence éthique, la création envisagée d’un Baromètre national de la prospérité communautaire et la mise en place d’un Comité national de suivi et de redevabilité constituent à cet égard des pistes concrètes issues des travaux de Kinshasa.

La position de la CCIGK

Pour la Chambre de Commerce et d’Industrie Genève–Kinshasa, ces réflexions présentent un intérêt particulier.

Le développement des relations économiques entre la Suisse et la République démocratique du Congo nécessite non seulement la création d’opportunités d’affaires, mais également l’existence d’un environnement dans lequel investisseurs, entreprises, institutions et communautés peuvent construire des relations fondées sur la confiance.

La présence au sein d’un même espace de réflexion de la LCPA, de la CTCPM, de représentants de l’ANAPI, du ministère des Hydrocarbures, de la CIFTAM, d’entrepreneurs tels que Axalio, ainsi que de coopératives et de représentants communautaires, illustre le caractère nécessairement transversal de cette transformation.

Pour la CCIGK, les enjeux de conformité, de traçabilité, de bonne gouvernance, d’investissement responsable et de création de valeur locale constituent également des éléments essentiels pour faciliter l’établissement de partenariats économiques crédibles entre la RDC et la Suisse.

La Chambre entend poursuivre son rôle d’interface entre les acteurs économiques et institutionnels de Genève, de la Suisse et de Kinshasa, en contribuant à favoriser des relations d’affaires structurées, durables et mutuellement bénéfiques.

Connectons les ambitions, accélérons les opportunités.


Sources principales

Les éléments relatifs aux recommandations de l’atelier et au Baromètre national de la prospérité communautaire sont notamment rapportés par DosEco et par l’Agence Congolaise de Presse (ACP) les 5 et 6 septembre 2026.

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